La Fahey/Klein Gallery à Los Angeles remet en lumière le travail vibrant, franc et incroyablement sexy de cette photographe légendaire qui a marqué le monde des arts, de la mode, du cinéma et des médias.
Ellen von Unwerth a défini l’esthétique des années 1990 et 2000, en créant des scénarios cinématographiques lors de ses shootings au cachet flashy, coquin et humoristique.
Celle qui a démarré à l’âge de 20 ans en tant que modèle au mitan des années 1970 a su alimenter ses ambitions et combler son curriculum en passant derrière l’objectif dix ans plus tard.
En quelques années, elle s’est bâti un nom, transcendant les images de mode sexy par une approche moderne, affirmée, dominante et avant-gardiste de la représentation des femmes.
Si la photographe allemande a collaboré – et collabore toujours – avec les plus grands magazines, elle multiplie également les casquettes.
Cette incontournable de la photographie de 69 ans produit en effet des courts métrages, réalise des clips et continue de créer des campagnes pour Chanel, Victoria’s Secret et bien sûr Guess, qui représente son travail le plus emblématique.
Depuis 2018, elle est aussi à la tête de son propre magazine, Ellen von Unwerth’s VON. En 2021, elle a fait paraître aux éditions Taschen son nouveau livre, Fräulein, un recueil explosif qui célèbre la sexualité et les icônes féminines telles que Claudia Schiffer, Kate Moss, Vanessa Paradis, Eva Mendes ou encore Dita von Teese.
Conteuse d’histoires
À travers l’exposition « Bombshell » à la Fahey/Klein Gallery à Los Angeles, cette native de Francfort nous invite ainsi à « une escapade bruyante ».
La curation fait montre de son « expérimentation » entre cadrages serrés, grain, couleurs vives, et noirs et blancs expressifs.
Ses compositions fantastiques à la touche érotique explorent sa propre fascination pour les récits derrière les lieux, les situations, les personnages. Des clichés qui se révèlent ainsi toujours spontanés, ludiques et vivants avec, au cœur, des modèles placés dans le contrôle de leur sex-appeal.
« Au cours de l’histoire, nous parlons beaucoup d’émancipation, mais quand vous regardez de nombreux vieux films, la femme est toujours dépeinte comme une femme fatale, sans vergogne », déclare Ellen von Unwerth dans le Playboy de décembre 2019 relayé par la galerie. « Comme Brigitte Bardot : elle était super sexy, coquette, mais avait le contrôle de la situation. Être une belle femme qui peut également maîtriser totalement sa vie : c’est ma façon de photographier et de voir les femmes. Elles ont le contrôle et utilisent leur beauté, leur personnalité, leur charme, leur humour et leur intelligence pour obtenir ce qu’elles veulent. »
© Ellen von Unwerth – Courtesy of Fahey/Klein Gallery, Los Angeles
« Bombshell » – Fahey/Klein Gallery
148 North La Brea, Los Angeles (États-Unis)
Jusqu’au 29 avril 2023
Nathalie Dassa