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Mès Lesne. Le cri du Cor

C’est avec la danse, ce langage corporel, que Mès Lesne libère son esprit affranchi. Inspiré par le flamenco et les danses urbaines, il développe un style d’une puissante énergie. Une identité non identifiable qu’il porte à son apogée dans son premier film chorégraphique Cor. Rencontre.

Qui es-tu ? 

Je suis danseur et chorégraphe. À 10 ans, j’ai débuté la danse en suivant des cours de hip-hop auprès du chorégraphe Michel Onomo. Il m’a pris sous son aile et m’a formé aux côtés d’autres danseurs étrangers qui venaient donner des cours. Vers 15 ans, j’ai été en mesure d’intégrer sa compagnie de danse. J’ai ainsi pu voyager dans toute l’Europe et gagner en maturité, car j’étais très jeune en comparaison de Michel et de ses danseurs. 

J’ai commencé à m’ouvrir à différents styles de danse, notamment le flamenco, le contemporain et toutes les danses qui pouvaient m’inspirer, me toucher. Toutes ces gestuelles m’ont permis de faire un mix pour les intégrer dans mon propre style de danse. J’ai toujours voulu avoir mon identité, et pour moi, cela a débuté par une large variété d’influences, puis par la suite, en créant une danse « étrange et bizarre ». J’aime cette idée de s’interroger sur les mouvements. Qu’est-ce qu’il danse ? Qu’est-ce qu’il fait ? Je voulais vraiment avoir ma marque, me demandant par exemple « si je cachais mon visage, est-ce qu’on me reconnaîtrait » ? 

 

Peux-tu nous parler de ton court métrage Cor ? 

Le projet est né il y a un peu plus de neuf mois. Je regardais une vidéo de rugby et les images étaient folles ! Le match se déroulait sous la pluie, et avec les déplacements des joueurs, le terrain était devenu un terrain de boue. J’ai tout de suite imaginé la captation des mouvements de ces joueurs, en me focalisant sur leurs corps, leurs visages, leurs expressions. J’ai donc voulu recréer cette situation avec des danseurs. En développant le scénario du film, j’ai eu l’idée d’une meute, d’une jeunesse perdue mais qui cherche une liberté, comme celle des joueurs de rugby. 

 

Que symbolise le titre Cor ? 

Au début, nous souhaitions intituler le projet Corps. Mais le terme était trop vaste et nous voulions vraiment réunir dans le titre cet aspect de meute, de corps commun. Le mot « Cor » s’est alors rapidement imposé à nous. C’est l’instrument de musique utilisé pour la chasse, pour rappeler la meute de chiens. J’aimais le double sens apporté par ce terme. 

 

Les personnages sont marqués de symboles bleus sur leurs corps et leurs visages. Que représentent-ils ? 

Je voulais que le film ait une identité, que ces danseurs, ces corps et leurs mouvements, ces « sautés décrochés », soient identifiables par un symbole. J’ai donc travaillé avec un ami, Enfant Précoce, qui a tout de suite compris ce qu’il fallait. Il a imaginé ces dessins, enfantins et faciles à reproduire, qui marquent les esprits par cette couleur bleue. Apposés sur différentes parties du corps des six danseurs, ils représentent leurs propres « sautés décrochés ».  

 

Avec qui as-tu imaginé ce film ? 

Les choses se sont enchaînées de manière naturelle et fluide. La Belle Facon a tout de suite soutenu le projet en le produisant. J’ai ensuite contacté deux amis réalisateurs, les SimonaGun, avec qui je suis rapidement tombé d’accord sur le lieu de tournage : Lanzarote. Les paysages volcaniques, la terre sombre m’ont immédiatement fait penser au match de rugby. Pour la musique, j’ai fait la connaissance du compositeur Pablo Bozzi via une amie. Dès notre rencontre, nous nous sommes mis à travailler sur la musique. Nous étions dans un café à Paris, les casques sur la tête. Je lui donnais le tempo, il trouvait le son. L’idée était vraiment de recréer le souffle, le cri des danseurs, et de rythmer le mouvement des corps. 

Pour l’habillage, j’ai voulu mettre le corps en avant. Il me fallait donc quelque chose de brut et simple. Le jean étant le plus intéressant, nous avons collaboré avec la marque ACNE qui fut un vrai soutien. 

 

On découvre dans ce film ton saut signature, le « sauté décroché ». Comment est né ce mouvement ? 

Ce sauté est né dans une salle de danse. J’aime les mouvements aériens, et c’est ce que je développe dans ma danse. Je voulais créer un saut et le visualiser au ralenti. Je voulais que le corps se « décroche » – la tête, les bras, le buste, les jambes –, je voulais des gestes cassés comme le pictogramme des piétons sur les feux. Une amie m’a filmé au ralenti en train de sauter, et c’est à partir de là que j’ai commencé à développer ce mouvement. 

 

Cor constitue-t-il les prémices de nouveaux films chorégraphiques ?

Oui ! J’aimerais en refaire d’autres, plus longs, plus poussés. Je vois le film comme une manière d’accompagner ma danse et d’y mêler l’art sous toutes ses formes. Nous travaillons déjà sur un autre film, plus intime, qui se focalise sur ma danse. J’y serai présent en tant que danseur, en duo avec une autre personne qui travaille une discipline artistique différente. 

 

Regardez le court métrage sur www.nowness.com

Louise Conesa

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