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Paris Photo : émotions photographiques

Paris Photo, le rendez-vous incontournable du marché de la photographie s’est déroulé du 11 au 14 novembre au Grand Palais éphémère. Après deux années blanches, cette 24ème édition accueillait plus de 190 galeries et maison d’Edition issus de 30 pays différents mais aussi de nombreuse conférences et signatures.

Une nouvelle édition qui nous a beaucoup séduite et réjouit après cette trop longue période mise sous silence…

L’occasion pour nous de vous présenter une sélection d’artistes, présentés lors de Paris Photo, dont les œuvres nous ont touchées, questionnées ou encore bousculées.

Galerie IN CAMERA

Cette galerie fondée en 2008 par Hanane Hilmi et Jean Noël de Soye a pour ambition de défendre la photographie d’auteurs contemporains.

Elle a fait le choix de la confrontation entre des esthétiques classiques et des sensibilités plus actuelles ouvertes aux mutations du paysage et à l’exploration de nouvelles marges.

Le travail de Sissi Farassat nous a beaucoup intéressé. Cette artiste est née à Téhéran en 1969 où elle a passé une partie de son enfance avant de s’installer à Vienne en 1978.

Deux cultures qui ont certainement inspiré le travail de l’artiste qui ajoute de la matière à ses photographies avec des fils entrecroisés ou des tapis de paillettes tel un apparat de grâce et de lumière.

Autre artiste présent sur le stand de la Galerie In Camera, Thomas Vandenberghe et ses petites photographies intimes réalisées à l’aide d’un appareil photo compact avec flash. L’artiste nous livre une sorte de journal de sa vie personnelle, inspiré par le désir, l’amour et la perte. Déchirés, rayés, répétés ou encore coupés, ses clichés s’adressent à la mémoire.

La nécessité non seulement de regarder, mais aussi de se réconcilier avec ce qui a été et peut-être plus encore avec ce qui aurait pu être – mais ne l’est pas et ne le sera jamais.

http://www.incamera.fr

Galerie L PARKER STEPHENSON

L Parker a ouvert sa galerie sur Madison Avenue en 2009 entre les 65e et 66e rues.

Elle offre à ses clients une expérience ciblée et personnelle. Sa réputation est fondée sur la connaissance, la vision, l’intégrité et la confiance.

Nous étions ravis de retrouver les œuvres intenses de l’artiste Jane Evelyn ATWOOD tant remarquées lors des rencontres de la photographie de Arles en 2018.

Jane Evelyn Atwood s’intéresse aux communautés fermées, formées par le traumatisme et l’adaptation. En 1978, fascinée par le monde de la nuit parisienne, elle s’intéresse aux transgenres et décide de vivre une année au cœur du quartier de Pigalle. Des clichés engagés d’une intense profondeur qui dévoilent la beauté de ces êtres hors cadres.

Enchantés, nous l’avons été également devant les photographies de John Cohen, cinéaste, photographe, écrivain, musicien et musicologue. Il s’engagea dans les mouvements artistiques et littéraires se développant à New-York dans les années 1950-1960. Cette phrase de Patti Smith résume parfaitement l’artiste pluridisciplinaire « L’on dirait que les trésors de la terre sont inscrits dans le regard de John Cohen ».

https://lparkerstephenson.nyc

Galerie PERSONS PROJECT

Cette galerie a été fondée en 1995 à Helsinki en Finlande avant de s’installer à Berlin en 2005. Persons Projects dispose de deux espaces d’exposition dont l’un dédié aux artistes associés à l’école d’Helsinki et a pour vocation de fonctionner comme leur principale galerie internationale.

Nous avons été interpelés par une photographie de l’artiste, Joakim Eskildsen, danois formé en Finlande à l’université d’Aalto et l’un des photographes les plus publiés et reconnus de l’école d’Helsinki. Image issue de la série « Skagen », prise de nuit, emplit d’une lumière bleutée qui lui offre un aspect surréaliste. Un cliché troublant à la frontière entre réalité et fiction.

Autre artiste, dont le processus créatif nous a profondément touché, Milja Laurila et son travail sur la série « Untitled Women ». Tout commence par la découverte d’un livre intitulé « Woman. An Historical Gynæcological and Anthropological Compendium », publié à l’origine en Allemagne en 1885, qui fut l’un des textes les plus influents dans le domaine des sciences sexuelles. L’ouvrage décrit la physiologie féminine d’un point de vue anthropologique. Des centaines de clichés de femmes et d’enfants nus, corps dépouillés de leur personnalité, présentés comme des spécimens exotiques et désignés comme de simples objets. Dans son travail, Laurila cherche à modifier l’objectif des photographies originales et à présenter les femmes sous un angle différent. En utilisant du papier translucide pour cacher la photographie scientifique originale, à l’exception des yeux des femmes, elle déplace l’attention de l’évaluation détaillée des parties du corps féminin vers les yeux et le pouvoir de leur regard. “Maintenant, ce sont eux qui vous regardent. Qu’est-ce que ça fait d’être regardée ?”

https://www.personsprojects.com

Galerie KAHMANN

La galerie Kahmann a été fondée en 2005 par le collectionneur et entrepreneur Roy Kahmann. Si le concept initial était de se concentrer uniquement sur la photographie vintage néerlandaise, le champ d’action s’est élargi au fil du temps pour inclure des photographes internationaux et de jeunes talents.

Nous avons été happés par les photographies de l’artiste Justine Tjallinks, inspirées par la peinture de l’âge d’or aux peintres réalistes du XXème siècle. L’artiste cherche à capturer le caractère unique des individus et la diversité de la beauté humaine. Ces œuvres deviennent de véritables peintures photographiques.

https://www.kahmanngallery.com

Plus d’info sur Paris Photo :

https://www.parisphoto.com

Par Mélissa Burckel

 

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