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FOCUS : YANG ZHICHAO, PLANTING GRASS

Tirage photographique (2023) issu de la performance éponyme qui s’est déroulée en 2000

« L’être humain ne se pense plus au centre, décideur et mesure de toutes choses, imposant sa volonté à une nature inerte. L’œuvre émerge d’une symphonie qui se veut à la fois humaine et non-humaine. » C’est en ces termes que Guillaume Logé explique le concept de « perspective symbiotique » émergente venant rompre, selon lui, la perspective linéaire anthropocentrée héritée de la Renaissance. Un concept développé dans un ouvrage 1 et une exposition réunissant une vingtaine d’artiste travaillant avec le vivant, dont Michel Blazy, Clément Borderie, Edith Dekyndt, Tomás Saraceno ou Yang Zhichao. C’est l’œuvre de ce dernier, issue d’une performance, que nous avons choisi de mettre en lumière. Quoi de plus éloquent, en effet, que cette vision d’un dos hérissé de deux pousses d’herbe ? 

Le corps de l’artiste, s’étant fait greffer les deux boutures par opération chirurgicale, est ici visiblement en souffrance (« comme on peut supposer que la plante l’est ») « et finit par rejeter les greffons », explique le commissaire de l’exposition, soulignant l’importance de l’œuvre signifiant l’impossibilité d’une hybridation fondée sur « le bon vouloir d’un humain tout-puissant » et l’impasse que représente une telle vision écologique : « Le vivant n’est pas malléable à l’envi ». Le rêve de symbiose tourne ici au cauchemar… Mutant d’un biopouvoir illusoire, Yang Zhichao nous invite à l’intégrité et nous met en garde contre la tentation d’une transgression des règnes (animal/végétal) par trop artificielle.

STÉPHANIE DULOUT

  1. Renaissance sauvage. L’Art de l’anthropocène, PUF, 2019

« Renaissance sauvage : la perspective symbiotique »

Galerie Jousse Entreprise

6, rue Saint-Claude, Paris 3e 

jousse-entreprise.com

Jusqu’au 13 janvier 2024

France – Paris