Partager l'article

Les dîners de Charles Kaisin : des expériences totalement surréalistes

Qu’ils aient lieu dans une station de métro, au fond d’une piscine ou au casino de Monte-Carlo, les dîners surréalistes de Charles Kaisin transportent les invités dans d’autres univers. Mets aux formes extravagantes présentés dans des assiettes tournant sur la table, oiseaux volant librement entre les convives, tables s’ouvrant sur des bassins pour se livrer à des parties de pêche à la ligne ou bien ballerine dansant délicatement sur ses pointes entre les verres : il ne se passe pas une seconde sans qu’un nouvel événement surprenne avec ravissement les invités. Il y a du magicien chez Charles Kaisin. Féru d’histoire de l’art et formé au design, le designer belge organise depuis quelques années pour des particuliers ou des institutions prestigieuses ces dîners surréalistes avec des scénographies époustouflantes. Doté d’une créativité débordante, riche de références historiques et artistiques qu’il met au service de ses commanditaires, Charles Kaisin est aussi un chef d’orchestre qui ne laisse rien au hasard en apportant un soin infini aux préparatifs qui peuvent durer plus d’un an. Il dévoile pour Acumen quelques ingrédients qui font le succès de ses dîners d’un nouveau genre et qui vous immergeront à distance dans un monde éphémère où fantaisie, poésie et gastronomie interpellent les cinq sens.

Vous êtes diplômé de Central Saint Martins, vous avez eu Ron Arad comme professeur, vous avez travaillé avec Jean Nouvel et vous avez aussi été directeur artistique du Val Saint Lambert… Comment en êtes-vous venu à organiser des dîners ? 

Charles Kaisin : Par hasard ! Quand j’ai fait mon stage chez Jean Nouvel à Paris, il y a maintenant plus de dix ans, j’ai eu la chance d’être hébergé chez les Guerrand-Hermès. Pour remercier mes hôtes, j’ai voulu organiser un dîner pour les différentes personnes qui m’avaient soutenu dans mon travail ainsi que dans toutes mes études et recherches. Je me suis demandé : « Qu’est-ce que je pourrais faire pour une famille qui a voyagé dans le monde entier ? » Je voulais donc préparer un dîner qui soit autre chose que les dîners habituels, qui soit une véritable expérience. 

À la suite de ce dîner, plusieurs des invités m’ont dit : « Mais Charles, pourquoi tu ne fais pas ça plus souvent ? Tu pourrais faire ça pour nous, pour un événement. » Alors, petit à petit, j’ai organisé des événements pour des particuliers et pour des marques de luxe comme Rolls-Royce, Hermès, Roederer… Nous en avons ainsi réalisé énormément dans le monde entier. 

Pouvez-vous nous raconter ce tout premier dîner ? 

Comme à chaque fois par la suite, nous avions un lieu étonnant, qui était dans ce cas un atelier. C’était la première fois que nous organisions un grand dîner dans un atelier. Sur les tables, il y avait des oiseaux en liberté, c’était complètement fou ! Il y avait aussi un thème qui était le surréalisme lié à la Belgique. Tout un ensemble de groupes surréalistes belges m’avait d’ailleurs influencé. Les costumes avaient été dessinés sur mesure. J’avais fait venir un chef étoilé, et il y avait un serveur pour deux personnes afin que tout le monde soit servi exactement au même moment.

Avez-vous toujours été attiré par la scénographie et la mise en scène ? 

Oui ! Je suis un passionné d’opéra et de musique. J’ai appris le piano et l’orgue et j’ai joué aussi du violoncelle. Par ailleurs, j’ai également toujours aimé l’architecture et le design. Organiser ces dîners surréalistes est donc une suite logique qui m’a permis de créer un lien entre tous ces domaines, et de les concrétiser en un seul moment. 

Pouvez-vous nous parler de l’environnement dans lequel vous avez grandi ? À quel métier rêviez-vous étant enfant ? 

Quand j’étais enfant, j’ai eu la chance de vivre à la campagne, dans un petit village près de Maredsous, en Belgique. Le rapport à la nature a donc toujours été très présent dans mon travail. Au départ, je voulais faire médecine ! Sauver des vies était pour moi le plus beau métier du monde. J’ai ainsi étudié le latin et les mathématiques pour essayer d’avoir le maximum de bagages. J’ai longtemps hésité entre la médecine et l’architecture… Puis j’ai finalement choisi l’architecture parce que le rapport à l’espace m’intéressait.

ABONNEZ VOUS À LA NEWSLETTER