Deux femmes photographes à New York

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Depuis 1981, la Staley-Wise Gallery est l’une des galeries d’art parmi les plus réputées de New York. Etheleen Staley et Takouhy Wise ont fait de son domaine de spécialité la photographie. Pour son exposition inaugurale 111 Wooster Street, ils ont choisi de mettre en avant le travail d’Horst P. Horst. Certainement l’un des plus grands photographes de mode américain. En 1990, la galerie déménage. Elle s’installe 100 Crosby Street, dans un bâtiment de style néo-grec qui n’est autre que l’œuvre de l’architecte Thomas Stent.

Cette galerie d’art est internationalement reconnue. Son prestige, elle le doit à la qualité du travail photographique qu’elle représente. C’est une référence pour les amateurs, puisqu’elle gère le corpus d’œuvres de 63 photographes. Parmi eux, les plus grands maîtres : Richard Avedon, Robert Doisneau, David Lachapelle, Bob Richardson… Sa renommée fait qu’elle collabore très régulièrement avec les institutions publiques et privées, mais aussi les fondations d’art. 

La dernière exposition en date, inaugurée le 5 mars, célébrait le travail de deux artistes femmes photographes : “2 Women of Style: Louise Dahl-Wolfe and Stephanie Pfriender Stylander”. Deux femmes talentueuses à deux époques différentes. À plus de 30 ans d’intervalle, deux visions de la photographie de mode. 

Louise Dahl-Wolfe Coco Chanel in her Apartment, 1954 ©

Une exposition sur la photographie moderne

Louise Dahl-Wolfe est une figure importante de la photographie américaine. Elle a marqué son époque et son œuvre est encore aujourd’hui admirée par les plus grands collectionneurs. Un prestige qui la hisse au même rang que Richard Avedon. Portraits de célébrités, de mannequins ou d’acteurs célèbres, ce sont autant de moments-clés qui ont marqué le parcours de cette femme.

Au tout début de sa carrière, elle se fait remarquer pour son travail au sein du magazine féminin Harper’s Bazaar. Avec cette femme, la photographie de mode connaît un tournant. Pionnière dans le domaine, elle propose des prises de vue de ses modèles en jouant sur les possibilités offertes par la lumière naturelle. De là naissent différents clichés en noir et blanc, puis en couleur.

Dans chaque photographie, une ambiance singulière se dégage. C’est aussi son âme baroudeuse qui fait toute la singularité de ses œuvres. En regardant ces grandes silhouettes féminines fines et élancées, on voyage parmi les différents continents. Parmi ses modèles, des femmes marquantes : Coco Chanel, Colette… Mais aussi des hommes célèbres, dont le grand couturier espagnol Cristóbal Balenciaga.

Dans cette exposition, ce sont avant tout ses portraits de mannequins qui sont mis en avant : Jean Patchett, Elizabeth Gibbons, Mary Jane Russell… Mais aussi, des portraits des années 1930 plus ancrés dans la réalité. Dans cette série, une majorité d’inconnus photographiés dans leur vie quotidienne.

Stephanie Pfriender Stylander Dream, Grazia, New York, 2012 ©

Un nouvel élan pour la photographie de mode 

Stephanie Pfriender Stylander est d’une génération différente. Dès l’adolescence, elle est influencée par les nombreux concerts Rock’n Roll auxquels elle assiste. Elle en retient surtout l’univers singulier qui se dégage des clichés pris par les photographes de scène. Une vocation était née. Au cours de ses études, elle a la chance de pouvoir côtoyer le grand photographe Art Kane. Une rencontre déterminante pour la suite de son parcours.

Les photographies de Pfriender Stylander se démarquent avant tout par leur style singulier. Elle commence très tôt à faire des portraits de chanteurs et acteurs célèbres. Ses sources d’inspiration, elle les puise dans deux mouvements cinématographiques : le néoréalisme italien et à la nouvelle vague française. La majorité de son œuvre a été largement diffusée dans la plupart des magazines de mode, notamment Vogue, Vanity Fair, British GQ, Glamour. Autant de revues qui ont participé à l’assise de son travail photographique.

En 2018, la Galerie de l’Instant (galerie parisienne spécialisée dans la photographie) avait dédié une exposition personnelle à la photographe. Elle célébrait les portraits mythiques de Kate Moss, en noir et blanc, au tout début de sa carrière de mannequin.

L’émancipation de la femme

Ses photographies livrent une nouvelle vision de la mode. Les mannequins ont évolué, on sent que la femme a changé de posture au sein de la société.

Cette exposition sur la photographie de mode célèbre des prises de vues où les modèles côtoient l’immensité de la ville. L’étendue des travaux présentés couvrait les années 1991 à 2019. On y retrouvait les fameux clichés qu’elle a fait pour le Harper’s Bazaar Uomo, une série dans laquelle elle représente une histoire d’amour de la mode dans les rues de New York. C’est aussi une réflexion sur l’immensité de la ville.

Il se dégage des clichés une ambiance tout-à-fait différente. Dans Dream, une élégante mannequin blonde de dos est prise dans l’instant de sa marche. Le léger mouvement de son corps contraste avec la rigidité du bâtiment.

Dans le parcours, on retrouve quelques portraits célèbres de Kate Moss et Eva Herzigova. Mais aussi, des prises de vue plus introspectives de Keith Richards et Joaquin Phoenix.

Si vous êtes de passage à New York, on ne peut que vous encourager à visiter cette galerie réputée qui a un oeil toujours avisée sur la photographie, et à vous tenir au courant des expositions et évènements de Galerie Joseph.