Stéphane Mulliez sublime les artistes à La Junqueira

Partager

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

En créant sa résidence d’artistes La Junqueira en 2018, Stéphane Mulliez a revalorisé le potentiel culturel de la ville de Lisbonne. L’artiste et plasticienne, représentée par la Galerie de la Ferronnerie à Paris, y accueille des artistes comme des curateurs. Si elle a monté cette résidence seule, à titre philanthrope, c’est surtout pour transmettre et partager son expérience. Le magazine Acumen l’a rencontrée pour parler culture, inspirations, mais aussi coups de cœur !

Pouvez-vous nous présenter le concept de La Junqueira ?

J’y organise deux résidences par an, qui durent trois mois chacune et se clôturent par une exposition. Chaque résidence accueille un.e artiste ou un duo d’artistes. Je leur offre à chacun, à titre gracieux, une bourse de 2 000 € ainsi qu’une mensualité de 300 € pour vivre au quotidien.

Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’annoncer la prochaine lauréate : Alice Guittard. Cette jeune artiste sera accueillie à La Junqueira dès le mois de septembre prochain. Elle fait de la marqueterie de marbre. À Lisbonne, il y a de très beaux jardins botaniques, où se trouvent de très grands cactus sur lesquels les gens gravent des mots d’amour. Le projet d’Alice Guittard est d’en prendre l’empreinte sur papier, pour les reproduire ensuite sur du marbre.

Comment sélectionnez-vous les artistes ?

Je souhaitais être complètement libre de mes choix : j’ai donc renoncé à créer un comité de sélection. La sélection se fait à travers mon expérience et mon regard. Je fais souvent appel à des artistes qui travaillent dans le minimal, l’architecture et l’espace, sans forcément le vouloir ! Je sélectionne des artistes qui vont développer un projet qui traite de la culture et du territoire portugais.

Comment la cohabitation avec les artistes se passe-t-elle ?

La Junqueira est un lieu où j’habite moi-même et où je loge l’artiste, qui a son propre studio. Ce sont des locaux à la fois d’exposition et d’atelier. Les artistes ont leur indépendance, mais on se croise tous les jours. C’est une résidence chaleureuse, on vit en “colocation”. Il y a une proximité avec les artistes qui est assez importante. Ils m’apportent énormément de choses !

Pourquoi avez-vous choisi d’installer votre résidence à Lisbonne ?

J’ai trouvé que Lisbonne s’adaptait parfaitement à ce projet. Cette ville a une identité créative et visuelle. Quand j‘y suis arrivée, en 2013, il n’y avait aucune structure à la disposition des artistes, mais il y avait énormément d’espaces libres. La seule entité présente était Gulbenkian, qui fournit aujourd’hui encore des bourses aux artistes. Le terrain artistique était en friche et permettait de mener à bien de nouveaux projets. Il suffisait d’un peu d’organisation et de lumière ! Le quartier de La Junqueira est un cadre propice à la création : historiquement, c’est un quartier de musées.

Lisbonne était la ville idéale, puisque je voulais également développer ce projet dans une ville géographiquement très peu éloignée de Paris. Je voulais rester en Europe.

Avez-vous un artiste coup de cœur ?

J’ai un petit chouchou, aussi bien au niveau de la personne que du travail, qui est Kévin Rouillard ! Lorsqu’il était exposé à la résidence, il avait fait tout un travail sur le métal.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique ?

J’ai beaucoup travaillé sur la gravure (empreintes, traces…) et également sur l’architecture. J’ai eu toute une période où je faisais des collages de bâtiments qui sont photographiés dans les très beaux magazines d’architecture, que je rattachais à d’autres éléments découpés afin de recréer des espaces en 2D.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

J’ai de multiples références artistiques et culturelles. J’admire le photographe Wolfgang Tillmans, Keith Haring, Jenny Holzer, Richard Prince, Louise Bourgeois…

Avez-vous d’autres projets, en plus de La Junqueira ?

Oui ! J’aimerais faire participer davantage les habitants du quartier de la résidence ou des élèves d’écoles d’art de Lisbonne. J’aimerais organiser des visites d’ateliers quand j’accueille un artiste, organiser des workshops… À côté de cela, je suis en train de développer ma propre ligne de céramique, qui s’appellera « Stéphane Mulliez ».

lajunqueira.org

par Maéva Ferrenz

Articles recommandés par les lecteurs