Louis Benech, Douze jardins ailleurs : voyages végétaux et magie verte

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Depuis l'ocean Pacifique Mataka - Nouvelle-Zelande-©D.R

Huit ans après la parution de Louis Benech, douze jardins en France, la publication Louis Benech, douze jardins ailleurs voit le jour. Ce somptueux ouvrage écrit par le journaliste Éric Jansen révèle d’autres ambiances, cette fois plus exotiques, et nous ouvre les portes des plus belles réalisations du grand paysagiste français aux quatre coins du monde. Verger coloré dans le New Milford, jardin-oasis au nord-ouest de Ouarzazate, steppe sur le toit d’un immeuble new-yorkais… Ce sont autant de tableaux vivants entre ciel et terre qui nous dévoilent de nouvelles facettes du talent de Louis Benech et nous livrent quelques-uns de ses secrets. 

 

 

Il y a de l’enchanteur chez Louis Benech : qu’il se trouve sur le flanc d’une montagne suisse, sur un toit-terrasse de Manhattan ou dans une oasis au Maroc, chacun de ses jardins donne l’illusion du naturel et ouvre une parenthèse poétique à la lisière de la contemplation. Subtil équilibre des lignes, beauté des perspectives, effets de flou, jeux de couleurs, d’ombres et de transparence, ondulations végétales… tous ces éléments s’harmonisent de façon si évidente avec leurs environnements naturels et architecturaux qu’ils vont jusqu’à faire oublier la main du jardinier. 

 

 

LE JARDIN DE DAWN SARASIN À GENEVE REALISE PAR LE PAYSAGISTE LOUIS BENECH PHOTO : ERIC SANDER (ericsander.com)

Sur les sites qu’il a investis aux deux antipodes, le paysagiste-peintre fascine par l’étendue de sa palette végétale et sa capacité de marier les espèces natives à celles d’autres contrées. Comme dans ce jardin à Comporta au Portugal où il mêle le sedum sediforme local au Xanthorrhoea australien ainsi qu’à des agaves d’Amérique centrale et des griffes de sorcières d’Afrique du Sud pour recréer l’atmosphère des dunes qui longent les rizières. Dans cet autre domaine perché face à la mer sur la Bay of Islands en Nouvelle-Zélande, il dessine avec des lignes de graminées natives un jardin orange qui s’embrase au coucher du soleil… 

 

Jardin.

Dans ces paysages enchantés, la magie de Louis Benech soustrait systématiquement le laid aux regards. À l’exemple de ce jardin de ville à Barcelone où le parking est dissimulé par des pots d’orangers et une végétation luxuriante. Ses plantations sont aussi conçues avec le souci de faciliter la vie des occupants, en s’accordant à leurs usages ou en veillant à limiter l’entretien de ces bulles de verdure. Ainsi, ce parterre d’un ryad à Marrakech est recouvert d’une pelouse pour sa propriétaire, Arielle Dombasle en l’occurrence, qui aime se promener pieds nus ; dans cet autre jardin-oasis plus au sud, à Skoura, un potager a été idéalement positionné près des cuisines pour faciliter la récolte des légumes. 

 

En donnant à voir la capacité qu’a Louis Benech de s’adapter à des sites aussi divers et de formuler, ici comme ailleurs, une compréhension contemporaine et unique pour chacun de ces lieux, Éric Jansen dévoile d’autres singularités du célèbre paysagiste dans ce second ouvrage. Ainsi, si Louis Benech a acquis une réputation internationale en remportant le concours pour la rénovation du jardin des Tuileries en 1990 avec Pascal Cribier et François Roubaud, sa vocation l’avait ouvert à l’exotisme dès son plus jeune âge. Autodidacte, Louis Benech s’est formé au métier par la pratique, porté par une curiosité insatiable pour l’univers mondialisé des jardins. Sa géographie – et ses souvenirs – sont composés d’images végétales, comme un herbier… et son attirance pour d’autres contrées et son désir de voyage sont indissociables de sa quête des espèces végétales. Comment ne pas se laisser transporter ? 

 

Louis Benech, douze jardins ailleurs

Préface de Frédéric Mitterrand 

Textes de Éric Jansen 

Aux Éditions Gourcuff Gradenigo 

(224 pp., 39 euros)