Le fascinant parcours des Pierres Précieuses au Muséum d’Histoire naturelle

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Des profondeurs de la Terre aux écrins de la haute joaillerie, le Muséum national d’histoire naturelle invite à découvrir l’univers des « pierres précieuses » à l’occasion d’une fascinante exposition du même nom. De fait, depuis l’ouverture de la manifestation, une profusion de carats éblouit et attire les visiteurs qui ne cessent d’affluer dans la pénombre de la Grande Galerie de l’évolution. Au total, 360 minéraux, gemmes et objets d’art issus de la prestigieuse collection du Muséum, ainsi que 250 créations de haute joaillerie appartenant à Van Cleef & Arpels, partenaire de l’exposition, ont été rassemblés et font le succès de cet événement qui a dépassé le cap des 10 000 visiteurs seulement deux semaines après son ouverture.

Pierres précieuses
Arbres Tourmalines Vendome © MNHN, F. Farges

Fidèle à la devise du Muséum « émerveiller pour instruire », la force de cette exposition tient à son propos original qui fait dialoguer la minéralogie, la gemmologie et la joaillerie. Le parcours propose une déambulation à la fois scientifique et esthétique qui narre au visiteur le chemin du minéral, de sa formation à son utilisation en bijou. « La beauté de l’histoire naturelle est une source inépuisable d’émerveillement. Cette émotion permet d’aborder la connaissance autrement et de fixer dans notre mémoire les faits que nous montre la science », explique Bruno David, le président du Muséum.

Le début de l’exposition décrypte ainsi l’extraordinaire histoire de la formation de la Terre et des phénomènes naturels d’où surgissent les minéraux, des premiers diamants cristallisés dans ses profondeurs il y a 3,3 milliards d’années aux huîtres marines sécrétant des perles il y a 50 000 ans, pour ensuite s’intéresser à la fascination qu’ils exercent sur l’homme qui les façonne depuis des millénaires.

La deuxième partie met en lumière la métamorphose des minéraux en joyaux par une présentation de chaque espèce sous trois aspects (minéraux bruts, gemmes façonnées, pièces de haute joaillerie), offrant ainsi une constante mise en perspective de la nature à l’œuvre.

L’exposition éclaire enfin l’importance du rôle joué par Paris, lieu de savoirs tant historiques que scientifiques et artistiques, dans l’avancée et la diffusion des connaissances en minéralogie jusqu’à nos jours. Des vitrines-écrins jalonnent le parcours, permettant d’admirer entre autres raretés un coquillage vieux de 90 000 ans, trouvé en Algérie et considéré comme l’un des trois plus vieux bijoux du monde, L’Occitane de Sabine, une pépite d’or de 99 grammes trouvée dans la montagne Noire ou encore la remise en état de l’étonnant Arbre aux tourmalines de Jean Vendome, œuvre d’art au carrefour de la joaillerie, du design et de la sculpture.

 

Jusqu’au 14 juin 2021, vous pourrez ainsi découvrir une merveilleuse variété de pièces uniques évoquant une histoire millénaire entre innovation, technique et poésie, riches d’information et envoûtantes de beauté. En attendant de vous rendre à l’exposition, nous vous présentons cinq découvertes que nous avons faites parmi toutes celles qui ponctuent le parcours.

Pierres précieuses
Grande Table des Orsini, bronze et marbre de Carrare orné de gemmes variées (lapis-lazuli, marbres antiques, jaspes, albâtres, nacre...), XVIIe siècle. © MNHN:B. Faye.
  • La Grande Table des Orsini

Exceptionnelle par sa délicatesse et sa splendeur, c’est l’une des pièces phare de l’exposition. Offerte en 1659 au cardinal Mazarin par les princes Orsini, avant de rejoindre plus tard les possessions de la couronne de France, cette table dont le décor évoque les thèmes de la guerre et de la paix constitue un archétype du cadeau diplomatique. Composée d’un plateau de marbre de carrare incrusté de pierre semi-précieuses, elle illustre avec brio l’usage des gemmes dans les arts décoratifs.

  • Jean Vendome

Premier joaillier à monter en bijou des minéraux naturels, Jean Vendome a inspiré une génération entière de créateurs en prenant des risques pour concevoir des créations hors du commun. Trois ans après sa mort et avec un actif de 30 000 créations, le créateur arménien, proche d’artistes comme Braque, Cocteau ou Dali, est considéré comme un pionnier du bijou contemporain.

Pierres précieuses
Diamant rose, © MNHN, F. Farges
  • Le diamant fait une découverte

Cette pierre précieuse connue de tous a permis d’illustrer pour la première fois le phénomène naturel de la pression qui influe sur la structure, la texture et l’apparence des minéraux. C’est cette même pression qui va déterminer la dureté et l’éclat du diamant qui est d’ailleurs le matériau naturel le plus dur.

  • Les fancy diamants

Saviez-vous que les diamants de couleur ne sont pas que des diamants ? Effectivement, quelle que soit leur tonalité, ces variantes colorées appelées fancy diamonds proviennent d’éléments chimiques présents en quantité infime et intégrés au fil de leur croissance. Par exemple, l’azote procurera une couleur jaune et le bore une tonalité bleue. L’améthyste, elle, doit sa couleur violette à des atomes de fer ayant subi l’irradiation de minéraux voisins. Des mécanismes similaires sont à l’œuvre et expliquent la formation du saphir, de la topaze ainsi que de nombreuses autres gemmes.

Pierres précieuses
Rubis sur marbre © MNHN, F. Farges
  • Une cité rouge de rubis

Mogok, ville lointaine et reculée de Birmanie, est prisée pour sa production de rubis. Cette vallée des rubis difficile d’accès occupe une position géologique exceptionnelle en raison de la collision – toujours active – de l’Inde et du continent asiatique qui a commencé il y a cinquante millions d’années. Ce phénomène naturel a fait surgir des profondeurs de la Terre une zone minéralogique d’une richesse prodigieuse recelant parmi les plus beaux rubis du monde, d’une couleur homogène et d’une qualité exceptionnelle.

«Pierres précieuses » : du 16 septembre 2020 au 14 juin 2021

Muséum national d’histoire naturelle, Grande Galerie de l’évolution

36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris 5e