Rencontre avec Alexandra Fain : fondatrice et directrice d’Asia Now

Partager

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Pour sa sixième édition, Asia Now s’ouvre pour la première fois à la scène indienne. Entre nouveautés et réorganisation liée à la crise sanitaire, Alexandra Fain s’est surpassée pour maintenir ce rendez-vous annuel dédié à la scène artistique contemporaine asiatique, et elle l’a même considérablement élargi. Rencontre avec une battante qui a imposé en quelques années Asia Now comme une foire incontournable de l’agenda artistique européen.

Alexandra Fain © David Atlan

Magazine Acumen : En six ans, vous avez réussi à imposer Asia Now parmi les foires « off » les plus importantes de la semaine de l’art contemporain à Paris. Selon vous, quelles sont les raisons de ce succès ?

Alexandra Fain : Le succès d’Asia Now tient surtout à son positionnement unique en Europe et à ses particularités. C’est en effet une manifestation accessible à tous qui offre un format intimiste dans un hôtel particulier, et sa visite se fait comme une balade. Asia Now, c’est aussi une foire qui est centrée sur les projets : elle s’appuie sur des relais locaux et des galeries originaires de ces différentes scènes qui agissent comme des défricheurs de nouveaux talents. Je viens moi-même d’une famille de collectionneurs et je voyageais en Asie pour mon travail. L’idée de la foire m’est venue dès mes premiers voyages en Chine quand j’ai remarqué un décalage important entre ce que les artistes produisaient dans cette région et ce que nous pouvions voir de leurs créations à Paris. J’ai ainsi voulu créer une plateforme qui reflète le plus fidèlement possible le travail des artistes. C’est ainsi que j’ai lancé la première édition d’Asia Now en 2015, avec l’envie de présenter des artistes émergents et reconnus de la scène asiatique, qui étaient encore sous-exposés dans les foires d’art européennes.

Aujourd’hui, Asia Now compte une cinquantaine de galeries. C’est la première foire d’Europe qui joue un rôle d’intermédiaire entre les scènes artistiques asiatiques, européennes et plus globalement occidentales. La sélection et la qualité des artistes exposés offrent une opportunité rare d’appréhender la scène contemporaine asiatique.

Celestial Robe, Noriyoshi Sugiura © Noriyoshi Sugiura, Galerie Mingei

 

MA : Quelles sont les nouveautés de cette 6e édition ? 

Alexandra Fain : Cette année, Asia Now ouvre pour la première fois ses portes à la scène indienne et à une sélection d’artistes contemporains incontournables. Plusieurs focus seront présentés par les galeries internationales et viendront ainsi témoigner de la vitalité de l’art contemporain indien. Par exemple, Nathalie Obadia avec l’artiste Rina Banerjee, Emmanuel Perrotin avec l’artiste Bharti Kher, ou encore la galerie Jeanne Bucher Jaeger qui consacrera une première rétrospective en France à la célèbre artiste Zarina, décédée en avril dernier. 

Parmi les autres points forts d’Asia Now, on retrouve un programme riche incluant tout d’abord une plateforme consacrée à la scène contemporaine de Taipei, proposée par Huang Chi-Wen, et réunissant des artistes de plusieurs galeries. 

Nous compterons aussi une drawing room, sous le commissariat d’Hervé Mikaeloff et le travail de Zhang Yunyao, une artiste de Shanghai qui réside en France. Le public pourra également découvrir le pop-up The World is Ours, proposé par Unique Design x Shanghai, autour de 12 jeunes artistes et designers.

Points of departure XI, 2018, Bharti Kher à la galerie Perrotin © Alex Austin

 

MA : Quel est le profil de votre public ? 

Alexandra Fain : Nous avons trois principaux groupes de collectionneurs. D’abord, des collectionneurs asiatiques qui apprécient notre plateforme plus intimiste, centrée sur le meilleur de l’art asiatique. Ensuite, nous avons des collectionneurs européens qui souhaitent intégrer à leur collection des artistes d’Asie de la nouvelle génération et, enfin, des collectionneurs jeunes et pointus qui veulent découvrir de nouvelles scènes et soutenir de potentiels artistes émergents.

Ensemble de rares suspensions boule Akari, Isamu Noguchi, Ca. 1960 © Isamu Noguchi et Galerie Laffanour Downtown

 

MA : Comment appréhendez-vous cette édition dans ce contexte sanitaire particulier ? Quelles sont les raisons qui vous ont incité à la maintenir ?

Alexandra Fain : La situation actuelle a mis en lumière la nécessité de retrouver le contact direct avec les œuvres d’art. De même, notre envie d’échanger avec les artistes et leurs galeries, avec les commissaires d’exposition et les collectionneurs, nous a convaincus de maintenir la sixième édition d’Asia Now. Nous avons veillé particulièrement à ce que cette manifestation se tienne dans le plus strict respect des protocoles en vigueur et des dernières recommandations des autorités sanitaires, pour assurer une visite en toute sécurité. 

 

MA : Avez-vous mis en place des dispositifs particuliers pour les visiteurs et les collectionneurs qui ne peuvent pas voyager et venir à cette édition ? 

Alexandra Fain : Oui, bien sûr. Une plateforme en ligne, accessible à tous, est mise en place et mettra en avant les programmations qui ne pourront pas avoir lieu physiquement. 

Vases exposés à Asia Now © Courtesy Templon Paris – Bruxelles

 

Asia Now, sixième édition

Du 21 au 24 octobre 2020

9, avenue Hoche, Paris 8è 

Preview VIP le 20 octobre

asianowparis.com