La mode et le luxe au temps du Coronavirus.

L’épidémie du Covid 19 a eu l’effet d’un séisme sur l’industrie de la mode et du luxe. Les défilés de mode féminine à New York, Londres, Milan et Paris, ont été éclipsés par la pandémie. Qui s’est répandu en Italie, alors que les défilés commençaient là-bas. La précaution, et la paranoïa ont pris d’assaut l’industrie de la mode. Et l’annulation des plus grands événements a été inévitable.

Galerie Joseph vous présente les impacts recensés sur l’industrie de la mode en ce temps de pandémie.

Nos galeries sont malheureusement fermées, 20 espaces atypiques en location dans le Haut Marais. Qui réouvriront pour vous présenter pendant des showrooms, des expositions d’art et de design; les plus belles créations.

L’industrie de la mode et du luxe doit faire face à l’une des plus grandes crises de cette dernière décennie.

Entre produire des masques, et des gels hydroalcooliques. Les grandes maisons de luxe, et les marques de mode font preuve d’un élan de générosité. Pou ainsi aider ceux dont le besoin est urgent. Mais il n’est guère possible d’ignorer l’impact que la pandémie a sur l’économie de ce secteur.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur email

UNE TORNADE S’ABAT SUR LE MILIEU DE LA MODE 

La fin du mois de la mode a été marqué par des inquiétudes grandissantes quant à la propagation du virus en Europe. Le défilé de Giorgio Armani s’est déroulé dans une salle vide et a été diffusé en ligne.

Vous l’aurez compris, la mode et les entreprises du luxe subissent de plein fouet les conséquences de cette crise sanitaire.
Puisque les mesures prises par les pouvoirs publics pour lutter contre la pandémie entraînent dans plusieurs pays des fermetures de sites de production et de magasins. Ce qui aura un impact sur les résultats des plus grands dirigeants de l’industrie du luxe.

Une mise en sommeil de la mode 

D’après Vogue business, les grands groupes du luxe se préparent à une baisse des ventes de 40 milliards de dollars en 2020.
Tout d’abord parce que la chine, fournisseur mondial du textile est le centre névralgique du virus. Et se retrouve aujourd’hui paralysée avec des usines fermées.

Ensuite parce que les acheteurs chinois représentent pour les marques 33% et 35% des achats de luxe au niveau mondial en valeur.  Et devaient même atteindre les 45% du marché en 2025.

Selon le cabinet Bain&Co. Les chinois achètent beaucoup en voyage et à Paris. Ils correspondent à un énorme marché. Dont les lieux de prédilection sont les Galerie Lafayette, Le Printemps, et le Bon Marché.

Sauf qu’au temps du coronavirus, l’exposition à la dépense chinoise des géants du luxe européens, feront de ces deniers ceux les plus affectés. Et les ventes de l’industrie de la mode et du luxe connaîtront une chute sans précédent.

François Le Louët, le Président de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin a écrit :
« Productions suspendues, magasins fermés, transports ralentis.  L’épidémie de Covid-19 qui nous touche a des conséquences immenses sur nos entreprises. Dès le début de la crise, j’ai alerté les autorités sur l’impact qu’elle aurait sur l’ensemble de l’écosystème de la mode. »

Fermeture des boutiques de luxe

Un impact sur tous les fronts

Cette crise sanitaire a eu un fort impact sur le secteur de la mode.  Entre arrêt des usines, employés au chômage partiel et sur tout l’écosystème des indépendants de la mode. Photographes, coiffeurs, maquilleurs, sur tous les acteurs concernés. Ainsi que dans la réalisation des défilés, des shootings, de showrooms, etc. Puis les vendeurs et vendeuses en boutiques. Les marques sont à flot, et doivent résister à l’épidémie, la contrer, et ne pas assombrir leurs perspectives d’avenir.

Même si LVMH, Kering, ou encore Hermès, les trois plus grands groupes connus et reconnus dans l’industrie du luxe voient leurs titres boursiers chuter. Les estimations ne sont pas réellement visible concernant l’impact économique réel sur le marché du luxe .  Les estimations tournent autour de 20% et 40%..

le Boson Consultancy Group (BCG) estime que les ventes pourraient diminuer de 450 milliards de dollars à 600 milliards de dollars dans le monde par rapport aux niveaux de 2019.

“Trois saisons sont désormais menacées. Celles en cours dans les boutiques, les commandes attendues en Avril après la Fashion Week de Paris. Puis les précollections présentées d’habitude en Mai aux acheteurs “ .  S’inquiète de son côté Pierre-François le Louet, président de la fédération du prêt-à-porter féminin. Au-delà des marques, « c’est tout un écosystème qui est paralysé, des stylistes indépendants, aux graphistes, aux agences événementielles ». 

Un petit producteur de sacs à main pour Gucci a déclaré à Reuters qu’il fabrique normalement jusqu’à 1 000 sacs par mois pour la marque. Le nombre est tombé à 450 en février et il n’y a eu jusqu’à présent aucune commande pour Avril ou Mai.

Le secteur de la mode en baisse 

On l’aura compris. Les ventes chutent et s’estiment à des pertes d’au moins 35% pour les marques de luxe. Les indépendants feront face à un sort plus extrême.

D’après Flur Roberts, responsable du luxe chez Euromonitor International  “Les entreprises de luxe comme Burberry, Tapestry et Capri ont déjà revu à la baisse leurs prévisions de ventes pour 2020”.
D’ailleus, Honor Stachan, un analyste du commerce de détail chez Global Data, affirme que même si les marques peuvent être isolées dans l’immédiat. Si la crise de santé publique se poursuit, elle pourrait avoir des effets négatifs sur les niveaux de production. Ensuite ceux d’approvisionnement, et de maintien des normes des produits. Cela jusqu’à l’automne et pendant les fêtes de fin d’année. Surtout pour les marques italiennes qui s’appuient sur l’héritage et l’artisanat italien.

Ces dernières sont les plus touchées étant donné l’attrait touristique que représente leurs achats. Prada, Armani, Valentino. Ainsi que le groupe Kering qui possède des marques patrimoniales italiennes.  Telles que Gucci, Bottega Veneta, & Pomellato, ont déjà subi une baisse de leurs ventes au premier semestre 2020.

LVMH est également vulnérable avec des marques telles que Fendi & Pucci. Ces derniers risquent de connaitre une baisse de fréquentation. Mais si l’épidémie peut être maîtrisé, les demandes de voyages et de shopping de luxe vont augmenter. Pour ensuite alimenter les ventes de produits de luxe pour le reste de l’année 2020.

Le calendrier de l’industrie de la mode et du luxe chamboulé.

Les grands événements ont été annulés ou reportés. Le très célèbre Met Gala, comme le prestigieux Festival de Cannes, les semaines de la mode ne seront pas épargnés. Ainsi, selon le Conseil de Direction de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. “Les conditions ne sont pas réunies pour permettre le déroulement de la Paris Fashion Week Mode Masculine, prévue du 23 juin au 28 juin 2020, et de la semaine de la Haute Couture prévue du 5 juillet au 9 juillet 2020”.

Le verdict a été annoncé par la FHCM, les conditions ne sont pas réunis. L’institution parisienne qui compte une centaine de membre a fait office de porte-parole du secteur de la mode, comme son homologue italien, la camera nazionale dee la mode. Elles ont ensemble décidé, et suite à une réunion de crise de ne prévoir aucune manifestation sous le rayonnement de la mode et du luxe en début d’été. La fédération indique cependant qu’elle travaille avec ses membres à la possibilité de proposer des projets alternatifs.

« La progression de l’épidémie de Covid-19, qui est en train de gagner l’ensemble du monde, appelle des décisions fortes afin de protéger nos maisons, leurs collaborateurs et tous ceux qui travaillent pour notre industrie » indique le communiqué de presse la FHCM.

Milan veut proposer « une nouvelle narration »

Milan aussi passe la main. Camera Nazionale della Moda Italiana a indiqué que les défilés et les présentations prévus pour la semaine du 19 et 23 juin 2020 seront intégrés à la Milano Moda Donna qui se déroulera en Septembre 2020.

La fédération italienne précise : « Nous travaillons néanmoins sur de nouveaux formats numériques et de nouveaux modes de rencontres, afin de créer une nouvelle narration ». Il s’agira de plateformes B2B et B2C. ” Les 800 showroom milanais participeront activement à cette nouvelle narration ”, poursuit la fédération qui affirment que les nouvelles collections seront prêtes à être présentées virtuellement et à être vendues aux acheteurs.

La saison “croisière” L’une des plus lucratives de l’année

Elle se tient normalement au printemps, et c’est un sorte de récréation. Là où les acteurs de la mode, respire et s’ambitionne en présentant des collections qui font chaud au cœur. C’est aussi un programme de présentations ambitieuses et commerciales qui fait venir les journalistes et influenceurs mais aussi les grands clients dans différents lieux à travers le monde.
De grandes marques ont déjà annulé leurs défilés croisière : Gucci, qui avait prévu de présenter à San Francisco en Mai.
Burberry, qui avait prévu un défilé en avril à Shanghai et Prada qui avait prévu un défilé croisière à Tokyo fin mai.

Ce sont des moments importants pour les maisons de mode, une chance d’amener les vêtements dans les quatre coins du monde, et à une audience extérieure dans les plus grandes capitales de la mode. C’est aussi une ressource pour les boutiques pour raviver les stocks entre les saisons, même si les défilés croisières ne sont pas plus nécessaires que les défilés saisonniers.
Les créateurs de mode annulent et repensent leurs défilés, ce qui peut conduire à se poser des questions sur le format  de ces derniers  après l’épidémie. “En temps de crise, il faut réfléchir à un reset radical” a expliqué Anna Wintour de Vogue au Times.
Ralph Lauren a annulé son défilé d’avril, prévu à l’origine pour présenter sa collection automne 2020 et Giorgio Armani a opté pour un défilé en livestream dans une salle vide lors du dernier jour de la Fashion Week de Milan.

 

Défilé Alexander Mcqueen FW
La mode et le luxe contre le coronavirus

La mode se remet en question 

Le virus pourrait bien forcer les designers à remettre en question la manière de faire un défilé de mode pour vendre leurs produits et construire leurs marques.
Il y aura sans aucun doute toujours des marques qui insisteront pour organiser des défilés : cette saison, la puissante et apocalyptique submersion de Balenciaga et les joyeux défilés de Chanel  démontrent qu’il y avait toujours quelque chose à gagner, à voir  et le fait de ressentir la vision d’un designer qui s’exprime sur un podium.

Mais ce n’est pas pour autant que plusieurs questionnements sur le mouvement autour du développement durable dans l’industrie de la mode ne referont pas surface.

Un après COVID 19 sera forcément au rendez vous pour remettre les pendules à l’heure et revoir notre façon de présenter, consommer, et vendre dans le secteur de la mode et partout ailleurs.

Et ils continuèrent la lutte..

Toutes les marques continuent à lutter contre le coronavirus, et s’appuient sur les réseaux sociaux pour rester en contact avec leurs communautés. Les marques vendent encore et toujours du rêve à leurs internautes, à travers des photos, et des Hashtags.

Les marques de luxe ne se déconnectent pas , et leur communication ne se confine pas.

Les grands titans de la mode:  LVMH et Kering, comme tant d’autres groupes, envoient des messages de soutien. Ils partagent leurs nouveautés, bien décidés à ne rien lâcher, en contextualisant cette situation avec la volonté de trouver un échappatoire à travers les rêves que ces belles marques s’engagent à revendiquer.
De la passion, de la joie, et l’esprit férocement engagé contre l’adversité.

Le COVID 19 a engendré une conscience collective sur la manière de consommer, de créer , et de proposer les produits sur le marché.
La dernière nouvelle en date : Chanel, la grande maison de couture  a crée un programme sous le nom de Chanel mission 1.5° pour lutter contre le réchauffement climatique. Un engagement qui compte respecter la griffe de luxe grâce à des mesures fortes axées sur quatre champs d’actions. Entre autre la réduction de l’empreinte carbone, celle de sa chaîne d’approvisionnement, passer à l’électricité renouvelable, et financer des projets d’adaptation aux changements climatiques.
Une nouvelle qui fait renaître l’espoir de chacun pour permettre à l’univers de la mode et du luxe de reprendre des forces, d’avancer vers un avenir meilleur. Tout cela en ayant la conscience tranquille.